Mardi, Septembre 07, 2010
   
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La proposition officielle est une «vaudoiserie»


Il y a quelque temps, sur une chaîne TV française, un «grand patron» s’est exprimé sur une modification proposée par le pouvoir politique de l’Hexagone. Il a regretté vivement que les «politiques» ne demandent jamais l’avis des gens du terrain avant de faire une proposition.

Nous avons dans ce canton un homme de terrain expérimenté. Retraité depuis peu. Il s’agit de M. Pierre Aepli, qui a commandé la police cantonale vaudoise pendant vingt ans. Il connaît bien la question. Son avis ne semble pas avoir été demandé, tant par le Conseil d’Etat que par les politiciens locaux ou cantonaux opposés à l’initiative des gendarmes.

M. Aepli s’est exprimé il y a un certain temps dans les colonnes de 24 heures. Il a été particulièrement clair. Le oui est la seule solution, pour le bien du canton, de sa population et de la sécurité de cette dernière.

Le soussigné a travaillé pendant plus de trente ans dans l’instruction pénale vaudoise. Il a fait quantité d’expériences allant sans aucun doute vers un oui à une police vaudoise unie.

En cas de oui, les polices municipales ne seront pas «chambardées». Sans leur accord, leurs agents ne pourront pas être déplacés à l’autre bout du canton.

Le flyer «Oui à une police unie» ne contient que des explications véridiques. Le soussigné peut l’attester en toute conscience. La proposition étatique est une «vaudoiserie». Elle ménage la chèvre et le chou. Elle est compliquée. Le Vaudois AOC que je suis en a presque honte.

Les Bernois, les Neuchâtelois, les Fribourgeois l’ont bien compris. Ils ont déjà unifié leurs corps de police. Les communes de ces cantons n’ont pas disparu pour autant.

Jean-Daniel Tenthorey,
Vevey

Source: 24 Heures, courrier du 17.09.09

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Deux points d’impôt en plus aux communes, sans possibilité de référendum, et deux points d’impôt en moins au canton: une opération blanche, nous disent les opposants à l’initiative d’Artagnan, celle dont le contribuable ne devrait pas voir la couleur…

En vérité, l’opération financière ne s’arrête pas en si bon chemin, car, en plus de la bascule des deux points d’impôt, 30 millions supplémentaires alimenteront le fonds de péréquation, et seront refacturés par le canton aux communes sans prestations ni compétences supplémentaires pour elles. C’est ainsi que la part du budget dévolue à l’autorité communale continuera à fondre comme neige au soleil. Il ne restera alors aux communes plus que leurs yeux pour pleurer sur une facture du canton qui ne cesse d’enfler.

Alors pourquoi, diable, continuer à alimenter la machine infernale à brasser les impôts? Le financement de la police unie se ferait sur une base simple et claire comme à Berne ou à Neuchâtel: les activités dévolues à la police cantonale sont financées par le budget cantonal, et celles qui découlent des besoins déterminés par les communes sont facturées aux communes. Pourquoi faire simple quand on peut faire brouillon?

Pour apporter une première réponse au manque d’effectifs en supprimant les redondances sur le terrain, pour boucher les trous dans le maillage du territoire vaudois, pour une vision globale de la sécurité du canton, et pour un financement sain de la réforme sécuritaire, je voterai oui à l’initiative.

Anne-Marie Dick,
Signy

Source: 24 Heures, courrier du 17.09.09

 

Un financement contestable

Alors que la campagne concernant la nouvelle police unique bat son plein, nombre de Municipalités ont investi des sommes conséquentes en faveur du contre-projet cantonal, afin de ruiner l’initiative des gendarmes visant à unifier enfin la police.

Ainsi, la Municipalité de Lutry a décidé d’investir pas moins de 9000 francs contre l’initiative dite d’Artagnan. Selon elle, cela ne représenterait qu’un franc par habitant. Mathématiquement peut-être, mais, enfin, sur une population de 9000 personnes, combien ne sont pas en âge de voter?

Au-delà de la somme, ce qui est surtout inadmissible, c’est que cette décision a été prise sans l’aval du Conseil communal, pourtant compétent. Une telle mise à disposition de moyens financiers en faveur d’une seule des deux parties est inconcevable pour un esprit démocratique et met mal à l’aise nombre de citoyens.

Cette décision est d’autant plus absurde que la police intercommunale de Lutry, dans son état actuel, est deux fois trop petite pour prétendre rester autonome. Le pouvoir de décision passera donc de toute façon à une autorité distincte, peut-être à Pully.

Si le résultat devait être serré, nous nous réservons le droit de faire recours, du fait du grave vice de forme qui aura entaché cette votation.

Jean-François Borgeaud,
président des Verts de Lutry

Source: 24 Heures, courrier du 17.09.09

 

   

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Votation du 27.09.09

Non: 54,26 % - Oui: 45,74 %

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