Dimanche, Février 05, 2012
   
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Une campagne de désinformation

Pierre Aepli, ancien commandant de la police vaudoise, plaide en faveur de l’initiative pour une police vaudoise unifiée. Il s’insurge aussi contre un «matraquage» d’arguments qu’il estime fallacieux

Le Grand Conseil a laissé le peuple vaudois décider de l’organisation de sa police. Son choix sera irréversible quoi qu’en disent les partisans de la police coordonnée qui laissent entrevoir une possible évolution future. Comment imaginer que les forces qui se sont opposées depuis des années à une véritable restructuration voudraient modifier un système qui répond à leurs intérêts particuliers et qu’elles auraient fait pérenniser par le peuple?

Le traitement par des entités subordonnées à des instances différentes rompt la cohérence indispensable à la lutte contre une criminalité qui se moque des frontières communales et cantonales; la laborieuse coordination opérationnelle prévue freine la prise de décisions tranchées et nuit à l’engagement judicieux et rapide des moyens; le risque de conflit entre des forces autonomes augmente et le rapport coût-efficacité de l’ensemble est péjoré par le maintien de nombreuses redondances. L’autorité du Conseil d’Etat en matière de sécurité, sur son territoire et plus encore dans ses relations avec les autres cantons, est diminuée par les pouvoirs conférés aux communes. Or, à une époque où la sécurité doit être repensée aux niveaux intercantonal et fédéral, l’affaiblissement du gouvernement du plus grand canton romand est une erreur. Pour toutes ces raisons, la police unique s’impose; elle seule peut assurer la mise en place d’une politique et de structures de sécurité appropriées.

Malheureusement, les citoyens ne seront vraisemblablement pas informés objectivement durant la campagne. Trois niveaux d’inégalité peuvent être relevés. Le premier a trait aux appuis officiels: si les responsables locaux concernés s’engagent avec conviction, les tenants de la police unique ne bénéficient d’aucun soutien de la part du gouvernement dont on souhaiterait qu’il se distançât quelque peu des thuriféraires de l’éclatement sécuritaire et surtout de leurs attaques contre la police cantonale. La deuxième inégalité tient aux ressources à disposition. Que penser du mode de financement par les autorités communales de leur campagne en faveur de la sauvegarde de leurs polices? De nombreux citoyens pourraient être obligés de soutenir financièrement une démarche à laquelle ils n’adhéreraient pas.

Pierre Aepli

Source: Le Temps mercredi 2 septembre 2009

Votation du 27.09.09

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