VOTATION - Les partisans de la police unique ont lancé la campagne hier. Ils ont dénoncé la disproportion de moyens avec les opposants.
«La police unie permettra au citoyen d'avoir un interlocuteur unique et accessible et mettra fin à la concurrence des polices entre elles», s'exclame Billy Warpelin, président du comité d'initiative d'Artagnan, «Pour une police unifiée et plus efficace». Hier, les gendarmes, accompagnés de personnalités politiques de tous les partis, ont lancé leur campagne en faveur d'une police unique.
Police «plus efficace»
L'initiative, lancée par l'Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGF) et soutenue par tous les officiers de la gendarmerie, avait recueilli 22 340 signatures en juin 2007. Elle sera soumise au vote du peuple le 27 septembre prochain. Et c'est bien au citoyen qu'elle profitera en premier, pour qu'il ne soit plus renvoyé d'un agent à un autre et qu'il ne paie plus pour deux corps différents. «La police ne sera pas plus forte, mais plus efficace», affirme le député socialiste Pierre Zwahlen.
Selon les initiants, les agents municipaux bénéficieront également de cette fusion puisqu'ils auront les mêmes compétences que les gendarmes. En effet, même si leur formation de base est identique, les agents municipaux doivent faire appel aux gendarmes. Les polices municipales, à l'exception de celle de Lausanne, n'ont pas de compétences judiciaires et ne peuvent pas enregistrer de plainte. En outre, certaines communes manquent de moyens nécessaires pour offrir des formations continues à leurs agents, d'où des jalousies entre les deux corps de métier. Celles-ci étant également attisées par les différences de salaire entre les communes.
Besoin de réformer
«Cela fait dix-huit ans que l'on parle de réformer la police, c'est le moment de s'adapter au monde moderne», s'enthousiasme Eric Bonjour, député UDC et coprésident du comité d'initiative d'Artagnan. Il rappelle le «gaspillage» de l'argent public du canton, qui finance dix états-majors, deux polices judiciaires et deux groupes d'intervention. «Avec une police unie, c'est 32 millions d'économies qui seront faites par le canton et qui serviront à améliorer la qualité des services de la police», renchérit-t-il.
Pour clarifier les tâches exécutées sur leur territoire, 49 communes ont conclu un contrat de prestation avec le canton. Elles emploient ainsi des gendarmes qui peuvent s'appuyer sur les prestations fournies par la police cantonale. A l'instar de la ville de Gland, qui a dissout sa police municipale au profit d'un contrat de prestation en 2008, une quarantaine de communes se sont déjà prononcées en faveur de l'initiative.
Les initiants estiment que la police de proximité en sortira renforcée. «C'est grâce à sa liaison avec l'ensemble du canton que le policier cantonal de proximité offre une garantie supérieure à la sécurité du citoyen», décrète Gérald Cretegny, le syndic de Gland. Il ajoute qu'une fois l'initiative acceptée, le rôle des communes sera renforcé puiqu'elles disposeront d'une entité policière dotée de toutes les compétences légales nécessaires.
Ceux qui s'opposent
Le Conseil d'Etat, qui rejette l'initiative, et les associations de communes se sont prononcés en faveur d'un consensus entre le canton et les communes. Ils ont lancé un protocole prévoyant la coordination des deux polices sous un commandement unique, exercé par le chef de la police cantonale.
Si l'initiative d'Artagnan n'est pas acceptée, c'est ce protocole qui servira à élaborer le projet de loi. Mais à ce sujet, la députée verte Béatrice Métraux est catégorique. «Le protocole d'accord canton-communes engendre des erreurs qui vont entretenir la guerre des polices et les luttes de pouvoir», déclare-t-elle.
Les partisans de l'initiative ont également fait remarquer que le budget de leur campagne, 120 000 francs, était entièrement financé par les gendarmes et les policiers municipaux ainsi que par les syndicats. Ils déposeront une plainte demain au Conseil d'Etat pour dénoncer les opposants, dont la campagne est financée par les fonds publics. Ils demandent la cessation de ces paiements ainsi que la restitution de cet argent. En effet, ils jugent anti-démocratique la démarche de l'Union des communes, qui a versé un franc par habitant pour soutenir le projet du Conseil d'Etat.
Laurence Bron
Votation du 27.09.09
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